Au lieu-dit Noir-Etang... de Thomas H.COOK

Publié le 11 Mars 2013

cook Mitigée...

 

"Mon père avait toujours considéré qu'il était inévitable que les plus grandes tragédies se produisent lentement,(...)" nous dit le narrateur vers le milieu du roman...Tout est dit dans cette phrase ( je me répète, mais je m'amuse beaucoup à trouver dans un roman LA phrase qui résume toute l'histoire).

Alors voilà, Au lieu dit Noir-Etang est une tragédie.

L'histoire romantique d'un amour qui ne pourra jamais s'épanouir.

On est en 1926, dans une petite ville des États-unis. Elle est jeune et belle, fraîchement débarquée de très loin, professeur d'art plastique. Lui est professeur de littérature, marié et père de famille. Leur amour est passionné (mais passionné façon classique anglais, tout en retenue - comprendre une caresse sur la joue au climax de la passion et des regards de merlan frits le reste du temps).

Comme dans toute tragédie, l'histoire se finit mal...

Non je ne dévoile rien, car dès le départ l'auteur nous l'annonce. Il s'est passé quelque chose de dramatique au Noir-Etang ce jour-là.

Il nous retracera l'histoire intégrale sous forme de flash-back.

Très lentement...

Certains diraient "en faisant monter le suspens crescendo"...Mais je ne suis pas vraiment de cet avis-là...

Au contraire, je me suis plutôt ennuyée à lire sur des centaines de pages qu'il "s'était passé quelque chose de tragique ce jour-là" sans que l'histoire avance pour autant...

Donc mitigée parce que:

- Je m'attendais à lire un polar et je me suis retrouvée au milieu d'une histoire d'amour romantique (et ça c'est pas mon truc, je ne suis pas rentrée dedans...)

- J'ai trouvé le rythme trop lent.

Cependant:

- Thomas COOK a de grandes qualités d'écriture. Les scènes qu'il décrit sont de vrais tableaux. On "voit" l'histoire se dérouler comme si on y était.

- La fin est vachement bien!

 

Un roman qui a eu beaucoup de succès chez les blogo-copains. Des avis très enthousiastes chez Hannibal, chez Pierre,  chez Richard, chez Claude...


Mais pas chez Canel (qui comme moi a été un peu rebutée par l'aspect romantique "so british" et la lenteur du récit - ouf! Je me sens moins seule!)

 

Le petit bonus de Gridou - une phrase piochée au cours de ma lecture :

"La convoitise est le propre de l'homme et la loyauté le baume dont il use pour apaiser ses frustrations."

 à méditer...

 

 

Rédigé par gridou

Publié dans #noir et polar

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La petite souris 14/03/2013 22:07


celui ci je ne l'ai pas lu. Du coup je me tâte ;)

gridou 14/03/2013 23:02



Je te l envoie si tu veux. Je ne le relirai pas...



Pierre FAVEROLLE 11/03/2013 20:47


QUOI ? Mais dis moi pas que c'est pas vrai ? MITIGEE ? Mais ça va pas non ? Je plaisante bien sur, Gridou, tes arguments sont on ne peut plus vrais, c'est beau comme un tableau, c'est romantique
mais c'est surtout la perte d'innocence d'un adolescent, toute une reflexion sur l'éducation, sur l'influence qu'ont les grandes personnes sur les jeunes, sur la trahison des souvenirs et sur la
famille. Bref, j'adore ce roman, et j'espère que tu en liras plein d'autres de cet auteur. BIZ

gridou 11/03/2013 22:35



Je ne suis pas du tout fachée avec Thomas Cook...j'en lirai sûrement d'autres mais celu-ci...j'ai trainé à le finir ( je suis contente de ne pas l avoir abandonné en route - la fin est top!).


Mauvais timing de lecture peut-être...



Claude Le Nocher 11/03/2013 15:47


Je suis plutôt "Cigarettes, whisky et plein d'café", pour parodier le titre d'une chanson ancienne d'Eddie Constantine.  Ce qui n'empêche pas la distinction naturelle qui émane de moi, comme tu l'as compris depuis longtemps.  Les histoires "romantiques" ne me paraissent pas forcément éculées. Quand elles sont racontées avec finesse, ce qui est le cas. Toutefois, en effet, on n'est pas "obligé" d'être
captivés à chaque fois, même par un excellent auteur.


Amitiés.

gridou 11/03/2013 22:32



oui oui c'est très fin...mais très lent aussi...



Claude LE NOCHER 11/03/2013 11:23


Salut Gridou


Tu as parfaitement saisi l'esprit "tragédie classique" de ce roman, ainsi que l'idée de "tableaux" dessinant les scènes qui se concluent de façon magistrale... Alors, le rythme, oui.
Il faut s'installer dans cette tonalité, ne pas se précipiter ou chercher trop tôt le dénouement. Frustrant, cette narration, par certains aspects. Mais ce raffinement reste (à mes yeux) un
signe de qualité supérieure.


Amitiés.

gridou 11/03/2013 14:15



Tu es quelqu'un de distingué,  raffiné et (probablement) romantique, mon cher. Peut-être même que tu bois ton thé en levant le petit doigt...


Moi...Je ne fais pas la différence entre le thé et l'eau chaude. Je carbure au café noir très fort et sans sucre uniquement (et l'alcool aussi...) 


 


Plus sérieusement, avec "les feuilles mortes", j'ai senti la tension du début à la fin du récit, j'ai vraiment été captivée. Là, ça n'a pas marché et c'est probablement dû justement à cet
emprunt/ hommage à la littérature classique.


 


alors? Tu lèves le petit doigt quand du bois du thé?



Oncle Paul 11/03/2013 10:29


Non, pas lu. Je me référais à ton commentaire dans les côtés positifs de l'ouvrage

gridou 11/03/2013 14:01



Thomas Cook a fait ses preuves d'écrivain de talent. Il n'y a aucun doute là-dessus.


Mais autant être prévenu qu'on n'attérit pas dans un roman noir contemporain.