Le mambo des deux ours de Joe R.LANSDALE

Publié le 1 Novembre 2012

mambo.png           J'AIME !!

Hap et Leonard, le retour !!

J'avais promis de lire la suite de l'arbre à bouteilles il y a bientôt 2 ans - ça donne une bonne estimation du temps que passent les bouquins sur l'étagère avant que je m'occupe d'eux... - c'est chose faite !

Bien sûr, le temps passant (et comme je n'ai plus toute ma tête), je ne me souviens plus du 1er volet de la série (qui est d'ailleurs le 2ème volet mais le 1er publié en France) et ce n'est pas l'article succin rédigé après lecture qui va m'aider à m'en souvenir (ça m'apprendra à ne pas vouloir faire de résumé). Mais peu importe, c'est le genre de série qu'on peut lire dans le désordre et tout ce qu'on a besoin de savoir est rappelé par l'auteur au fur et à mesure.

 

Hap et Leonard sont deux potes qui vivent au Texas mais pas dans un ranch avec des chevaux, ambiance grands espaces et feu de bois qui crépite. Pas du tout. Plutôt au pays des marécages, de la nature hostile, des ploucs racistes et de la misère sociale. Pour couronner le tout, Leonard est noir, homo et bagarreur (euphémisme). Tout pour attirer les emmerdes. Et des emmerdes, justement, ces deux-là vont foncer tout droit dedans en partant à la recherche de Florida, l'ex-petite amie de Hap, qui n'a plus donné de nouvelles depuis son arrivée à Grovetown, une ville dirigée par le Klan où l'on pend "les nègres" aux arbres après les avoir châtrés. A peine débarqués en ville, Hap et Leonard se font remarquer et se mettent à dos le chef de la police....

 

Parfois en lisant un roman, il m'arrive de tomber sur une phrase qui résume tout le roman, à elle seule. C'est rare...mais ça arrive. Et cette fois, je l'ai trouvée:

" Ne me prenez pas pour un idiot parce que j'ai une couille enflée et les dents pourries et que je bouffe trop. J'suis moins con que vous croyez."

Voilà ! On dirait que le livre s'est mis à parler!

En effet, le style est très familier (cru ou vulgaire...chacun choisira le mot qui lui convient), c'est un roman un peu rugueux, plein de testostérone, de fierté, d'honneur et de castagne mais aussi d'humour et dans le fond, c'est un vrai bon roman noir, qui nous peint un tableau de la société (une catégorie de la société heureusement) plus vrai que nature. Et donc bien moins con qu'il en a l'air...

On peut être heurté et ne pas aimer le style de l'auteur (moi j'adore) mais on ne peut pas nier un grand talent de conteur. Une fois embarqué dans l'histoire, on ne lâche plus la barre.

De plus, l'auteur tient à résoudre son intrigue policière, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de bouquin (parfois, le style prime sur l'intrigue).

J'ai passé un très bon moment de lecture, j'ai ri plusieurs fois des réparties de nos deux héros, j'ai frémi et retenu mon souffle lors d'une scène de bagarre foutrement bien écrite et je vais enchaîner direct avec la suite: bad chili.

 

Pour se faire une idée du genre, quelques citations:

une description de personnage:

"Une femme dans la cinquantaine, qui aurait pu être mignonne si elle avait eu assez d'énergie pour se tenir plus droite et laver ses cheveux gras collés à ses joues (...)"

 

"...(elle) s'agita sur place pendant un moment. Ses chaussures faisaient beaucoup de bruit, comme un caniche tournant sur lui-même avec des griffes trop longues. Finalement elle quitta la pièce sans un mot."

 

"On dépassa une percée ouverte dans la forêt par les exploitants de pâte à papier. On aurait dit une zone ravagée par la guerre. Il n'y avait plus aucun arbre sur dix ou quinze hectares (...). Poussés par la cupidité et l'envie de s'offrir une parabole TV, les bûcherons avaient métamorphosé la beauté en merde et le bois en pâte à papier qui, à son tour, servait à fabriquer les billets de banque pour payer les ouvriers qui avaient fait périr ses dieux végétaux...Il y avait une sinistre ironie dans tout ça. Quelque part. Puissent de jeunes arbres pousser sur les tombes de ces connards."

 

même le traducteur m'a fait rire avec sa petite note explicative pour Dr Pepper:

"boisson US sans alcool particulièrement dégueulasse".

 

Rédigé par gridou

Publié dans #noir et polar

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Lystig 11/11/2012 16:41


il y a "ours" dans le titre !


je note !

gridou 13/11/2012 21:00



je confirme: il y a bien ours dans le titre !



Sharon 09/11/2012 20:40


Je note aussi... quand j'aurai le temps.

gridou 09/11/2012 21:22



un bon choix pour démarrer



Guillome 07/11/2012 17:50


j'avais lu bad chili, et je m'étais bien poilé. C'est noté pour moi!

gridou 08/11/2012 09:03



Celui-ci vient juste avant bad chili mais c'est pas très important en fait.



dasola 05/11/2012 21:26


Bonsoir, moi j'ai lu L'arbre à bouteilles avec les deux compères: très bien.  Ce duo de choc est très attachant. Bonne soirée.

gridou 07/11/2012 15:35



Il ne reste plusq u'à attaquer le suite :)



Jean-Marc Laherrère 05/11/2012 14:56


Oui, oui et oui, Joe landale est grand, Hap et Collins sont ses prophètes et merde aux pisse-froids qui sont choqués.


D'ailleurs c'est pas vulgaire, c'est grossier. Vulgaire c'est Morano, grossier c'est Lansdale !


Et à côté il faut absolument lire son chef-d'oeuvre : Les marécages.

gridou 05/11/2012 15:15



Pas si grossier que ça d'ailleurs...bite , couille et baise sont dans le dico après tout (si si j'ai vérifié!) et personnellement je les emploi au moins une fois par jour
(chacun ! ) donc ça ne me dérange pas.


Ce qui me dérange davantage, ce sont les auteurs qui utilisent des grands mots bien compliqués pour cacher la misère de contenu de leurs romans (je ne citerai pas de noms...).


Lansdale dit les choses à sa façon mais il a vraiment des choses à dire.


 


J'ai déjà lu les marécages, j'ai adoré! C'est un des bouquins que je prête le plus souvent d'ailleurs.