Manhattan transfer de John Dos PASSOS

Publié le 25 Février 2012

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Manhattan Transfer est un roman foisonnant d'une multitude de personnages aux origines diverses. Leur point commun: New York. La ville ruche dans laquelle les personnages se croisent (ou non), évoluent dans tous les sens à un rythme trépidant.


Un portrait de ville et de personnages au début du XXème siècle, un thème plutôt classique...Mais ce qui fait la particularité de Manhattan transfer, et le fait considérer comme un pur chef-d'oeuvre, c'est l'écriture de Dos Passos. Un style très particulier, pas évident à suivre au départ, une forme qui étaye parfaitement le propos.

En effet, dès le début du roman, le lecteur se retrouve confronté à des morceaux de vie de personnages qu'il ne connaît pas. A peine une ligne sautée et le personnage principal n'est plus le même. Seuls les prénoms permettent de se repérer.

Autant le dire carrément: au début, on ne comprend rien.

Ensuite, comme les personnages sont récurrents, on commence à comprendre un peu mieux...


Autre surprise, la notion du temps. On ne sait jamais vraiment à quelle époque on se situe. Certains repères, tels que l'évocation de la guerre en Europe, la prohibition, et surtout les événements dans la vie des personnages, permettent de remettre un peu d'ordre dans tout ça mais cette sensation de tourbillon infernal reste présente tout au long du récit.


Enfin, encore une particularité dans l'écriture, l'auteur passe de la forme de narration "classique" (descriptions, dialogues etc...) à des passages, plus décousus, qui évoquent le cheminement de pensée des personnages ("Peux pas prendre un taxi, du reste j'ai envie de marcher. Ultimatum. Trains militaires allants aux abattoirs en chantant, des fleurs derrière l'oreille.")


Vous l'aurez compris, Manhattan Transfer n'est pas un livre "facile". Il faut suivre, être bien attentif, sinon...on décroche.


A travers cette forme un peu insolite, Dos Passos décrit une ville en perpétuel mouvement et nous fait un portrait détaillé de la société de l'époque. De l'ouvrier sans un sou en poche à l'homme d'affaire attiré par la politique. Comédien, journaliste, vagabond, marin...Toutes les classes sociales, tous les milieux...


Si j'admire le travail d'écriture, la technique et admet qu'il s'agit d'un grand roman, je dois avouer que j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et que j'ai un peu peiné à le finir. Dans un premier temps, j'ai été déstabilisée par l'écriture, je ne m'attendais pas du tout à ça. Ensuite, je suis rentrée dedans mais je ne me suis jamais sentie vraiment intéressée par le destin de ces personnages que j'ai eu l'impression de survoler tout le temps.

Une impression en demi-teinte qui pourrait bien se bonifier avec le temps...

 

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Voyons voir ce qu'en a pensé "l'autre Ingrid", Inganmic: ICI 

 

Rédigé par gridou

Publié dans #romans

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Lucas Duplan Clinkle 18/09/2014 11:34

I've already read this stuff somewhere else, but I didn't get all these details, that were represented through the above article. Thanks for the share.

snoring aids 04/03/2014 11:51

I have read one of the novels of John Dos Passos before and it was quiet interesting and well written. Hope this one also will be one that will reach up to my expectations. Thank you for sharing the post.

Violette 29/02/2012 16:25


dans ma PAL! j'en ai toujours retardé la lecture pour mes bémols que tu évoques à la fin, j'ai peur de ne pas accrocher... et c'est un sacré pavé il me semble...

gridou 01/03/2012 10:15



oui, un petit pavé de 500 pages...


C'est vraiement sur la fin que j'ai peiné mais il y a un moment, dès le début, où j'ai été embarquée par l'histoire et je l'ai lu assez vite finalement...


 


 



Flo 28/02/2012 19:39


J'ai lu ce livre en 2005 si j'en crois mes archives et je l'avais beaucoup aimé. C'est plus la description d'une ville qu'un livre centré sur les personnages et c'est vrai que c'est
déstabilisant. J'avais été bluffée par le style de Dos Passos mais, tout comme toi, assez perturbée par la quasi-absence de marqueurs chronologiques. J'avais été tiraillée entre un certain
harassement car l'oeuvre grouille de vie et finit par épuiser le lecteur et une fascination sans bornes.


Je n'ai pas renoncé à lire la trilogie "USA" mais chaque fois que je la vois en biblio je manque tourner de l'oeil ;)


J'imagine qu'une oeuvre de valeur a un certain prix et que c'est au lecteur de sentir s'il veut le payer ou pas.


Merci de m'avoir remis en tête ce livre (à relire peut-être ? ;D )

gridou 01/03/2012 10:13



Je suis contente d'avoir lu celui-là mais je ne me sens pas prête à lire la trilogie...ça vaudrait le coup de le lire en VO (surtout que j'avais une édition ponctuée de coquilles en français)
mais je n'ai pas le niveau. C'est dommage...



Emily 27/02/2012 22:44


Je n'avais pas eu l'impression d'avoir aimé tant que ça, mais après, je n'ai pas arrêté d'y penser...Oui, ça se bonifie avec le temps !

gridou 28/02/2012 12:04



ça me fait souvent cette impression là avec les classiques (style Zola); la lecture est un peu laborieuse mais l'impression qui reste est persistante.


On verra ce qu'il reste de cette lecture au moment du bilan annuel...