Naomi KLEIN - No logo la tyrannie des marques

Publié le 10 Janvier 2011

nologo.jpg        UN ESSAI PASSIONNANT !!


Fille de hippies émigrés au Canada pour protester contre la guerre du Vietnam, Naomi Klein est journaliste et  militante anti-capitaliste. Critiquée et controversée, surtout pour son dernier ouvrage ( 'la stratégie du choc' ) elle est néanmoins une spécialiste de l'altermondialisme et nous fournit avec NO LOGO une enquête (qu'elle a mis 4 ans à écrire) très bien documentée et argumentée.

 

Inutile d'être un spécialiste de l'économie pour apprécier l'ouvrage, très simple et accessible à tous. Au contraire, il s'adresse aux néophytes (comme moi) et permet d'avoir une vision d'ensemble du système économique - de la fabrication à la vente.

 

checola.jpgTout d'abord, dans la 1ere partie, un état des lieux. Les marques ont envahi tous les espaces possibles, y compris les écoles.  Les techniques de branding* utilisées, géniales ou terrifiantes (question de point de vue...) sont exposées dans le détail. De nombreux exemples à la clé. 

Finalement, tout ceci est très familier au lecteur, quelque soit son origine, puisque le phénomène est mondial.

A Paris, les Starbeurks cafés et autres chaînes poussent comme des champignons mais on est (encore) loin des excès américains. Certains exemples cités dans le livre sont  encore surprenants pour nous, petits européens.

D'ailleurs je ne résiste pas à citer un paragraphe sur le sponsoring des écoles:

  "Au début de la décennie, ces diffuseurs scolaires auto-proclamés approchèrent les comités de gestion des écoles nord-américaines avec une proposition. Ils leur demandèrent d'ouvrir leurs salles de classe à deux minutes de publicité par jour, insérées dans douze minutes d'émission d'actualité pour adolescents.[...]Non seulement le visionnage de la programmation est devenu obligatoire pour les étudiants, mais les enseignants sont incapables de régler le volume de la diffusion, surtout celui de la publicité." 

   mcdonalds.jpg

Ensuite, c'est le thème de la censure qui est abordé. Toutes les formes de censures qui découlent de l'omniprésence des marques, des droits d'auteurs - ou droits des marques! - aux pressions exercées par les puissants groupes...

(j'en fais un résumé très très succin mais c'est une partie vraiment intéressante, qui pose notamment la question de l'indépendance des médias) .

 

nike-copie-1.jpg

  Puis on passe à la partie 'fabrication'. Délocalisation, sous-traitance, conditions de travail des ouvriers à l'étranger mais aussi des employés des grandes chaînes qui fournissent des "Mcjobs" - des boulots précaires, à temps partiel, sous payés, des stagiaires...impossibilité pour les syndicats qui défendent les droits des salariés de s'implanter.

Finalement, plus l'entreprise est riche et puissante,  plus les employés sont sous-payés...


MacDo4

 La dernière partie est consacrée à la résistance. Aux différents mouvements anti-marques, les détourneurs de logo (ci-joint un détournement Mc crado; le slogan est le suivant:

"chaque jour, grâce à nous, apprenez à vos enfants à jouer et à manger comme des hamsters"), les militants en tout genre... Des artistes de rue aux enquêtes qui ont permis de faire connaître au grand public les conditions de travail proches de l'esclavage des ouvriers des "sweatshops" de ces grandes marques. Les boycotts et pressions qui font petit à petit changer les choses...

 

Que l'on partage ou non les opinions de Naomi Klein, on ne peut nier le travail remarquable qu'elle fournit. Cet essai n'est pas un pamphlet politique mais bien une enquête parfaitement documentée qui permet de voir de façon globale le fonctionnement des grands groupes et de la société de consommation. 

Un livre vraiment très instructif que je recommande vivement !

 

 

* le branding sert à promouvoir la marque alors que la publicité sert à promouvoir un produit .

 

Rédigé par gridou

Publié dans #Essai

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Canel 11/01/2011 14:16



Il est dans ma PAL, je l'avais même commencé il y a qqs années... mais les pavés et moi, c'est pas une histoire d'amour, loin de là !!



gridou 11/01/2011 17:10



J'ai mis un peu de temps à en venir à bout...C'est moins digeste que de la fiction, c'est sûr mais je suis contente de l'avoir lu. Ca m'a mis les idées au clair sur plein de choses que j'avais
sous les yeux sans les voir !



zarline 11/01/2011 12:37



Un essai repéré plusieurs fois mais j'hésite toujours craignant un peu le côté trop militant (ben oui, les marques sont quand même nécesaires et font partie de notre système économique, mais je
suis peut-être une vilaine capitaliste ). J'y viendrai sûrement et merci pour ton billet très intéressant.



gridou 11/01/2011 17:08



non, justement, ce n'est pas militant. Le ton est plutôt neutre, comme une enquête de journaliste.



Oncle Paul 11/01/2011 09:59



Bonjour Gridou


Nous subissons tous la dictature des marques, d'autant que ça et malgré les recommandations de concurrence, les grandes marques avalent peu à peu les petites, ce qui leur permet d'imposer les
prix mais pas forcément la qualité et d'influer sur les goûts des consommateurs. De Monsanto à l'Oréal en passant par Danone, les choix sont fictifs et les marques plus importantes sur le marché
de la consommation que les régimes politiques. Surtout lorsque des hommes (ou femmes) politiques ont un bout du portefeuille des marques.


Bonne journée



gridou 11/01/2011 16:20



une petite note d'espoir dans la dernière partie du livre heureusement !


les actions communes, les boycotts...font quand même bouger les choses. Lentement mais ça change...