Pour ne pas mourir ce soir de Guillaume LAPIERRE-DESNOYERS

Publié le 6 Mai 2012

mourircesoir     Mon 1er québécois...

 

Quelle drôle d'expérience que cette lecture...

J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans à cause du style et (pardon aux québécois!) de la langue.

L'auteur utilise un langage familier truffé d'expressions bien de chez lui auxquelles j'ai mis du temps à m'habituer, comme "une distributrice" (chez nous on dit un distributeur), "une job" (un job), "un dépanneur" (genre d'épicerie tout le temps ouverte), "on est rendu des vedettes", "Ma tabarnak" (), etc...

Même si au début on trébuche un peu sur les mots inconnus, on comprend facilement le sens et la fluidité de la lecture ne s'en ressent que dans les premières pages...

 

Carl White est photoreporter. Il travaille de nuit aux faits divers. Toutes les nuits, il traîne dans sa vieille Buick à manger des chips et attendre les appels de Clara lui indiquant l'adresse des prochaines photos à prendre. Il lui balance quelques vacheries, elle le lui rend bien, puis il s'applique à arriver en retard sur les lieux, le dernier si possible, prend quelques clichés et retourne boire du café dans sa bagnole. 3 ans que ça dure...Puis arrive Tania, une nouvelle dans l'équipe de nuit "décidément trop vive, trop intelligente, trop belle."...

 

Présenté comme ça, on pourrait s'attendre à une histoire à l'eau de rose un peu foireuse....Mais pas du tout !

Premièrement parce que Pour ne pas mourir ce soir est un polar, et que les personnages sont trop occupés à mener l'enquête et sauver leur peau pour se raconter des niaiseries en se regardant dans le blanc des yeux. (J'écris ça parce que ça sonne bien mais l'action met un peu de temps à démarrer en fait...Ce que je n'ai pas trouvé gênant du tout, ça laisse le temps de connaître un peu mieux les personnages).

Deuxièmement, parce l'auteur est plutôt du genre direct que fleur bleue. Un peu cinglant avec le monde des medias. Le personnage de Carl, le photographe, est un loser asociale, complètement désabusé et cynique. Hyper drôle (enfin, le genre d'humour qui me fait rire...). On ne sait pas trop ce qui lui plaît dans la vie, en tout cas, il y a beaucoup de choses qui l'emmerdent...

Enfin, le style d'écriture, que j'évoquais au début est très particulier. Du genre qu'on aime ou qu'on déteste (ou qu'on comprend rien...). Jamais l'auteur n'utilise le "JE" quand le narrateur parle mais le "ON". Les phrases sont très courtes, souvent sans verbe. C'est un peu déroutant au début mais ça contribue à créer une atmosphère très particulière. On peut dire que pour un 1er roman, l'écriture est très audacieuse et j'en suis ressortie charmée.

 

 

J'ai noté cette très juste réplique:

"(...)les medias sont là uniquement pour vendre de la pub, pas pour informer."

 

 

Un grand merci à Richard pour cette insolite lecture ! Son article ici.

 


 

Rédigé par gridou

Publié dans #noir et polar

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Claude LE NOCHER 07/05/2012 17:35


Tabernak, ben normal tu comprends pantoute, oublié d'indiquer la prononciation.


Je te recommande "Les 1000 mots indispensables en Québécois" (Ed.First) ou alors tu demandes la traduction à Richard.


Amitiés.

gridou 07/05/2012 17:41



Je ne savais pas que tu lisais le quebecois en VO !!!


ça m'a fait un peu le même effet qu'orange mécanique: au début "qu'est ce que c'est que ce truc??" et au bout d'un moment....une immersion dans un autre monde. Expérience intéressante...vraiment!



Claude LE NOCHER 06/05/2012 11:25


Câlice, l'a l'air ben fin, ce roman icitte que tu as eu du fun à lire, si tu nous niaises pas, ma chum Gridou.  Bienvenue chez les "québécophiles"...


 

gridou 07/05/2012 16:44



hein ??


Comprends rien...