Sukkwan island de David VANN

Publié le 10 Avril 2011

sukkwan                                  Mon père cet anti-héros...


Je plains tous ceux qui se jetteraient sur ce livre attirés par la mention "Nature Writing" de la 4ème de couv' !

Quelle drôle de surprise ils auraient en découvrant que le séjour rustique en Alaska d'un père et son fils tiens plus du huis clos oppressant tout en noirceur que de la partie de pêche virile en famille. Des décors 'nature', pêche au saumon et feu de bois certes, mais aussi une petite cabane sans electricité, au milieu de nulle part, aucun moyen de communiquer avec l'extérieur, et un père qui n'est pas si bien préparé que ça pour affronter le rigoureux hiver alaskien...

Finalement, Roy, 13 ans, qui vit avec sa mère et sa soeur, ne connait pas vraiment son père. Le lecteur va découvrir en même temps que lui les failles de cet homme qui semblait pourtant si sûr de lui au tout début.

C'est alors que la cohabitation dans cet endroit exigu va devenir compliquée...

Tout comme Richard (polar noir et blanc), 'Sukkwan island' m'a rappelée 'la route' de Cormac Mc Carthy.

Déjà dans la forme: l'absence de guillemets dans les dialogues.

Ensuite, les deux traitent d'un père et son fils qui doivent survivre dans des conditions extrêmes. 

2 huis clos en plein air (?!) où tous les détails techniques de la survie sont racontés.

Autant 'la route' m'avait ennuyée, autant j'ai été captivée par la 1ère partie de Sukkwan island. La tension est palpable, on sent que rien n'est simple et ne se passera comme prévu. Et on trépigne d'impatience. Jusqu'à la fin de la 1ère partie.

Pour la suite, je suis beaucoup plus mitigée...

Dans la 2ème partie, on change de point de vue, c'est cette fois le père qui devient narrateur. J'ai eu du mal à m'attacher à lui, à entrer dans sa tête et le comprendre. Du coup j'ai trouvé cette partie plus lourde, un peu longue, même si je n'irai pas jusqu'à dire que je me suis ennuyée...

Quant à la crédibilité des personnages (question soulevée dans des commentaires sur certains blogs)...

Sur le fond: J'ai du mal à croire qu'une mère puisse laisser son fils de 13 ans partir un an avec un père qu'il connait à peine. Surtout pour vivre dans des conditions aussi extrêmes. Mais sur la forme, le personnage du père, torturé à souhait, m'a semblé très bien "pensé".


Au final, un avis pas franchement enthousiaste, mais qui évoluera sûrement dans le temps. Sukkwan island est un cru qui mérite une petite décantation...

 

D'autres avis qui m'ont donné envie : from the avenue (qui en a parlé 3 fois!), passion polar (Bruno), des gouts et des livres (Biblio)Canel, les livres de Sophie, ...liste non exhaustive !!!

 

 

Rédigé par gridou

Publié dans #romans

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Nico 01/12/2012 19:49


Je me suis beaucoup ennuyé au cours de cette lecture: roman trop noir, trop de longueurs (malgré les 200 pages), style correct sans plus. Peu convaincu.

gridou 04/12/2012 09:32



Je comprends...Avec le recul, je garde un souvenir mitigé d'un roman lent et noir et...un peu déprimant mais certaines scènes sont restées nettement gravées dans ma mémoire quand même.



dasola 11/08/2011 17:19



Bonsoir, je le dis tout net, j'ai détesté ce roman: l'histoire très glauque est épouvantable et le style (la traduction?) est vraiment faible. Je ne comprends pas l'engouement qu'il y a eu pour
ce roman. Bonne fin d'après-midi.



gridou 23/08/2011 21:15



Bonjour et bienvenue Dasola,


merci pour ce commentaire, je me sens un peu moins seule à présent !


 



lasardine 25/04/2011 19:53



halala!!! inoubliable pour moi ce Sukkwan Island!!!



gridou 25/04/2011 20:45



pas vu ton article sur celui-ci...je vais remedier à ça rapidement :)



Mic 20/04/2011 13:04



Bonjour Gridou,


Très intéressant ce commentaire! il est toujours curieux de voir que chaque lecteur s'approprie l'histoire et la voit d'une façon différente et c'est cela finalement qui est passionnant à
découvrir. Contrairement à toi, je trouve que cette page 113 et toute la seconde partie du livre est passionnante à lire. J'ai adoré ce livre, même s'il est vrai qu'il parâit bizarre qu'une mère
laisse son jeune garçon partir un an avec son père, mais souviens-toi gridou des supplications de la petite faites à sa mère quand elle lui dit : Mais maman tu vas pas laisser partir mon frère
aussi longtemps avec papa qu'on ne voit plus guère! Merci pour ce billet gridou, à bientôt MIC. Pris par mon travail en ce moment, je profite pleinement de mes quinze jours de vacances pour
retrouver avec un très grand plaisir! Amitiés, MIC.



gridou 21/04/2011 10:12



Finalement les petites "incohérences" (ou bizarreries plutôt) du scénario ne me dérangent pas plus que ça...Une fois prise par l'histoire, je n'y fais pas attention.


Par contre le côté oppressant du huis clos m'a mise très mal à l aise et c'est sûrement ça qui a tempéré mon enthousiasme.



Bruno 11/04/2011 19:34



un roman qui ne laisse pas indifférent, c'est déjà en soi une première qualité. Pour ma part j'ai adoré ce livre très noir. Il est vrai que la fin de la 1ere partie, abrupte, imprévisible est
comme un coup de poing en pleine figure! Sans doute que de ce fait, le lecteur, inconsciemment accepte moins facilement que le père endosse le rôle de narrateur! Toujours est il que ce roman
interpelle, questionne, fait réagir. Un roman sombre où la nature mets à nu et fend les masques et les postures. Reste alors le gouffre sans fin de l'echec.



gridou 11/04/2011 20:45



la fin de la 1ère partie: oui c'est imprevisible, je ne m attendais pas à ça...et j ai relu le passage 2 fois...


effectivement, c'est peut être le changement de narrateur qui m'a perturbée...Je ne sais pas...