Ville noire ville blanche de Richard PRICE

Publié le 4 Septembre 2011

price         J'AIME !!!

Et voilà ! J'ai enfin lu le pavé "imposé" par one more blog in the ghetto, qui a posté le 600ème commentaire.

On approche du 800ème et le jeu des commentaires continue ! Avis aux amateurs !

 

Ville noire ville blanche est un roman noir au rythme très lent (et je ne dis pas ça parce qu'il m'a fallu 6 semaines pour le lire) dont l'histoire principale est prétexte à traiter les thèmes de la banlieue, du racisme latent, du sentiment d'injustice qui gronde en sourdine dans les ghettos défavorisés.

 

Brenda, une femme blanche, complètement hébétée, arrive à l'hôpital les mains très abîmées. Elle s'est fait éjecter de sa voiture en traversant le parc malfamé du ghetto noir.  Son fils de 4 ans, qui dormait à l'arrière, est porté disparu.

Tout de suite, la presse s'en mêle, la police du quartier blanc où réside Brenda (avec ses méthodes musclées) et la police du quartier noir où s'est produit l'agression. Très vite, le quartier est bouclé, plus personne ne peut en sortir. Les esprits s'échauffent. La mobilisation aurait-elle été la même si un enfant noir avait disparu? Bien que Brenda soit travailleuse sociale dans ce quartier défavorisé, les habitants sont en colère contre elle. Toutes les vieilles rancoeurs ressurgissent.

Lorenzo, surnommé Big Daddy, est le flic chargé de l'enquête. Il est noir, vit dans la cité où il travaille, est très proche des habitants qu'il connaît tous et s'évertue à maintenir le calme au quotidien.

Enfin, Jesse, la 3ème protagoniste, est journaliste. Une chasseuse de scoop prête à tout pour être au coeur des évènements.

Tout se déroule presque en temps réel. On suit l'enquête du point de vue des 3 personnages, en alternance. D'abord la mère, complètement larguée, qui se réfugie dans son monde intérieur, inaccessible. La journaliste qui trouve le moyen de rester auprès d'elle et tente de la faire parler pour pouvoir écrire son article. Le flic qui cherche des témoins parmi ses indics et aimerait que la police de Gannon, le quartier blanc, le laisse gérer les choses à sa manière, en douceur.

Le témoignage de la mère ne tient pas bien la route. Parce qu'elle est sous le choc ou qu'elle raconte des bobards? Le mystère reste entier pendant très longtemps...et le lecteur s'interroge.

Pendant ce temps, les battues pour retrouver le gamin s'organisent, tout le monde se mobilise et la pression monte dans la cité. Les journalistes tourbillonnent comme des mouches autour d'une carcasse en décomposition, ce qui ajoute de l'huile sur le feu.


Même si le titre du bouquin semble indiquer qu'il y a que 2 façons de penser, noir ou blanc, tout est beaucoup plus compliqué que ça. Personne n'est très méchant ou très gentil dans l'histoire. Tout le monde est très humain avec ses faiblesses et ses raisons d'être en colère. Difficile de prendre parti pour qui ce soit. J'aime bien cette façon de voir les choses, qiuand il n'y a pas de super héros (ni de super loser). C'est moche et chacun fait ce qu'il peut au jour le jour pour arranger les choses. La plupart du temps, ça suffit à maintenir le couvercle en place mais parfois, la pression est trop forte, il faut exprimer les ressentiments d'une façon ou d'une autre.


Ville noire ville blanche est une histoire complètement intemporelle et transposable dans n'importe quelle grande ville du monde. Un roman très noir et très fort mais pas très marrant...

 

 

 

Rédigé par gridou

Publié dans #noir et polar

Commenter cet article

Emily 23/10/2011 21:44



J'ai très envie de lire ce livre après ta critique...! C'est pas bon pour ma wish-list tout ça ;)



gridou 24/10/2011 10:10



En plus c'est un gros pavé hi hi !



La petit souris 07/09/2011 19:03



j'y étais pourtant! toi aussi crise oblige, tu haches dans les effectifs? :)



gridou 08/09/2011 10:17



ha non !  pourquoi je supprimerais des fans ??? T'as oublié de t'inscrire, ça s'est forcement passé comme ça !!



La petit souris 07/09/2011 17:12



Avec tous les pavés que j'ai à la maison je pourrai en construire une seconde !! celui ci attendra encore un peu avant que je le lise , mais j'aime beaucoup Richard Price. Sort d'ailleurs en
poche ce mois ci " Frères de sang". Sinon, à 'l'occasion verifie si je suis toujours dans ta liste de diffusion car curieusement je n'ai rien recu qui m'annoncait la mise en ligne de tes deux
derniers billets. Content de retrouver ma complice !! ^^



gridou 07/09/2011 18:47



Effectivement, il semble que tu ne sois pas abonné...Il va falloir remédier à ça mon cher !!



Claude LE NOCHER 05/09/2011 17:15



Salut Gridou... et bravo ! Car les romans de Richard Price sont âpres et très noirs. Tiens, "Frère de sang" du même auteur sort ces jours-ci chez 10-18 ! Seulement 390 pages, une broutille pour
toi !


Amitiés.



gridou 05/09/2011 20:32



Trop court ! Je ne lis rien de moins de 500 pages !


C'était une chouette découverte (malgré les quelques coquilles qui trainaient dans le texte).



ONE MORE BLOG IN THE GHETTO 05/09/2011 10:01



Hello Gridou


Content de voir ce site de retour et que ce soit avec un roman que j'avais suggéré (et surtout pas "imposé"  ); et
content que tu aies aimé. Bravo pour ta chronique dont je partage le point de vue (la mienne sur ce même roman est en rade depuis des semaines...)


Je me tines prêt pour le commentaire n° 800... ()


Amitiés



gridou 05/09/2011 10:03



Je plaisantais !!! bien sûr que tu ne m'as rien imposé , je l'ai lu de mon plein gré et je suis très contente d'avoir découvert cet auteur !