Passage afghan de Ted RALL - BD

Publié le 4 Juillet 2011

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 Un album, deux couvertures (recto / verso)  

deux approches, mais un seul point de vue clair et sans compromis ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2001, à la suite de l'attaque du World Trade Center, les Etats-unis déclarent la guerre à l'Afghanistan, afin de traquer les terroristes qui auraient aidé Ben Laden. D'un coup, le camp ennemi devient "Talibans" (tant pis si le gouvernement Clinton les soutenait depuis des années), le camp ami devient "l'alliance du Nord". Le raccourci est un peu gros pour Ted Rall, journaliste américain sceptique, qui décide de se rendre sur place pour, dit-il "faire le tri entre la propagande et la réalité".


Et puisqu'il est le mieux placé pour parler de son album, je le cite:

"Si vous cherchez un livre d'histoire militaire ou une analyse de la montée du fondamentalisme islamique dans cette région du monde, vous feriez mieux d'aller chercher ailleurs. Mais si vous voulez ressentir la piqûre des tiques, l'arrière goût d'orange acide d'un cola Ashi-Mashi périmé, ou le grondement des bombes sur la ville, vous y êtes.

(...) Pour le meilleur et pour le pire, la partie dessinée raconte ce que c'est d'être un journaliste qui couvre la guerre et qui chie dans son froc. Bien des dessinateurs l'auraient sans doute dessinée avec plus de précision. Mais c'est ce que j'ai ressenti. C'est ce que je ressens encore."


Deux manières d'aborder cet album. Il faut faire un choix. Soit la partie "nouvelle graphique" (couv' de droite), soit la partie doc (couv' de gauche). Il suffit de retourner le livre, et hop ! Du coup pas de 4ème de couv' (ce qui me réjouit).

J'ai opté pour la partie BD pour commencer; elle me paraissait moins sérieuse...

Plus facile d'accès, certes, mais pas légère pour autant. Les dessins, tout en noir et blanc, sont assez basiques, les personnages ont tous un peu la même tête, mais on s'en fiche, l'important est dans le texte. Certaines scènes sont très dures et l'auteur garde une distance, un sang froid et un ton blasé qui renforcent l'horreur.

En lisant uniquement cette partie, on pourrait presque le croire insensible aux atrocités de la guerre, mais ce n'est pas le cas, loin de là. Plutôt de la pudeur. On s'en rend compte en lisant l'autre partie qui reprend tout en détail. Finalement, les thèmes abordés sont très variés:

  • La vraie vie quotidienne des afghans
  • Le rôle des médias auprès du grand public: désinformation, mensonges par omission, autocensure (on retrouve un peu le discours de Naomi Klein dans NO LOGO)
  • Les intérêts américains dans le conflit (un projet de pipeline qui traverserait le pays)

L'épilogue, particulièrement intéressant, a été écrit avec un peu de recul, en 2003.

J'aimerais bien connaître son avis sur la mort récente de Ben Laden...

 

Un très bon album-reportage pour les amateurs du genre ou ceux qui veulent lire un autre point de vue et mieux comprendre le conflit.


Une idée soufflée par Mo' (le bar à BD) qui a bien compris ce que j'aimais en BD apparemment...MERCI !

 

 

Rédigé par gridou

Publié dans #BD- romans graphiques ...

Commenter cet article

Mo' 06/07/2011 09:05



Ted Rall est effectivement très acerbe sur les positionnements du gourvernement américain dans cette histoire. Son album n'avait d'ailleurs pas eu bon accueil outre-atlantique. La manière dont il
décrit la maléabilité de l'opinion publique américaine (son conté influençable) est mordante.


J'ai l'impression que le sens de lecture que tu as choisi (comics puis articles) est plus opérante



gridou 07/07/2011 09:48



Oui c'était pas mal...J'étais un peu perdue au début, je manquais d'infos pour comprendre les evenements. Par contre, le terrain était bien debrousaillé pour aborder la partie sérieuse



Oncle Paul 04/07/2011 18:20



Bonjour Gridou


Le rôle des médias auprès du grand public: désinformation, mensonges par omission, autocensure...


Ce rôle négatif des médias malheureusement est toujours d'actualité. Seul compte l'effet
d'annonce, les analyses rapides, effectuées sans le recul nécessaire, le sensationnel qui fait vendre. Et lorsque, après coup, ce qui avait été annoncé avec fracas se trouve n'être q'une grosse
bulle, les médias retournent leur veste sans vergogne, sans faire de mea culpa.


Amitiés.



gridou 04/07/2011 18:23



2001 ...2003 et 2011...toujours la même rengaine...